Rythme de l’enfant ou rythme des organisations ?

Dans le cadre de la loi sur les rythmes de l’enfant, la possibilité pour les communes et les écoles de changer d’organisation du rythme scolaire a été donné par dérogation à cette loi.
Sur la Haye-Fouassière, le choix a été fait par les conseils d’école et la majorité du Conseil Municipal de revenir à une semaine de 4 jours.
Nous nous sommes abstenus car nous considérons que les conseils d’école ont des décisions qui sont légitimes et nous n’y avons pas de place ; mais nous avons quelques points d’insatisfaction à la fois dans l’esprit et la forme, à la fois nationalement et localement.
A notre avis, il y a un certain nombre d’éléments qui ont été gâchés.
En premier lieu, une loi qui a été mal construite au départ et mal gérée ces derniers mois par le gouvernement en place alors que le principe de base était louable : se préoccuper du rythme de vie de l’enfant et reconnaître aux collectivités locales une place éducatrice.
Dès le départ, l’adaptation des rythmes scolaires a laissé la place à des considérations matérielles au lieu de prendre en compte les besoins de l’enfant ; ce qui fait que les rythmes soi-disant de l’enfant ont été adaptés aux rythmes des institutions et des organisations plutôt qu’aux êtres humains que sont les enfants et les familles.
Ensuite, nous trouvons que le gouvernement, dans son mode de faire, crée une rupture grave du cadre républicain, avec cette réforme qui laisse chaque commune faire comme elle veut et qui, par conséquent, va continuer à aggraver les inégalités entre les territoires.
Localement, nous trouvons fort dommage que le retour au samedi matin n’ait pas vraiment été étudié. Au final, l’intérêt de l’enfant n’a pas été pris en compte, le seul argumentaire des enseignants ne peut suffire, l’avis des parents n’a pas vraiment été pris en compte et nous aurions souhaité une véritable concertation avec eux. Par ailleurs, avant de voter cette dérogation, il n’y a pas eu d’étude de l’impact financier du passage aux 4 jours pour la commune et pour les famillesEnfin, la commune, en tant qu’entité éducatrice, aurait pu impulser une démarche de réflexion et de construction partagée. Des échanges auraient pu être faits avec les communes voisines avec lesquelles nous partageons des services et des activités.

En conclusion, derrière cette réforme, ce que l’on oublie, c’est l’intérêt de l’enfant et la place des rythmes éducatifs dans son développement tout autant que la place des familles. Quand la réponse de l’académie arrivera au mois de mars, il restera quelques semaines pour les associations et les services pour s’organiser pour la rentrée de septembre à nouveau dans l’urgence et en mettant en avant des aspects organisationnels une fois de plus plutôt qu’un parcours éducatif au sein de la commune entre l’école, les activités associatives, le temps libre et le temps familial.

 

Et ailleurs, comment ça se passe?

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